监管大棒、巨头“围剿” 加密行业如何自我救赎?

Le régulateur frappe fort, les géants « encerclent » : comment l’industrie cryptographique peut-elle se sauver elle-même ?

BroadChainBroadChain03/01/2020 11:05
Ce contenu a été traduit par IA
Résumé

L’industrie cryptographique fait face en 2019 à une double pression, celle de la régulation et celle des géants technologiques. YouTube supprime massivement des vidéos sur les cryptomonnaies, le Google Play Store retire le portefeuille MetaMask, et Apple restreint strictement la publication d’applications liées aux cryptomonnaies, mettant ainsi en lumière les biais et les risques inhérents aux plateformes centralisées.

Le 31 décembre 2019, Sun Yuchen, fondateur de TRON, bouclait sa dernière acquisition de l’année : la plateforme de streaming décentralisée DLive rejoignait officiellement l’écosystème BitTorrent et entamait sa migration vers le réseau TRON. Avec DLive, lancée en 2018 et comptant plus de 5 millions d’utilisateurs actifs mensuels, Sun Yuchen déclarait vouloir « apporter de la valeur au monde entier ». Pourtant, une quinzaine de jours plus tôt, cette figure influente des réseaux sociaux essuyait un échec sur Weibo : son compte, suivi par plus d’un million d’internautes, était soudainement suspendu. Après avoir tenté en vain de dialoguer avec la plateforme, il n’eut d’autre choix que de se replier sur Twitter.

Le 25 décembre 2019, Alex Saunders, fondateur du média crypto « Golden News », était loin de l’esprit des fêtes. Ce jour-là, il découvrit que YouTube avait supprimé plus de 50 vidéos de sa chaîne, toutes qualifiées de « contenus nuisibles ou dangereux ». Pour éviter d’autres suppressions, il rendit immédiatement privées ses vidéos restantes et contacta l’équipe de YouTube — sans obtenir de réponse. La situation empira : d’autres vidéos disparurent, laissant Alex Saunders désemparé. Sur Twitter, il confia avoir engagé un nouvel employé, et que sa famille — femme et enfants — dépendait entièrement de ses revenus. Face à cette purge sans recours, il se sentait impuissant.

Sous la pression réglementaire, les acteurs du secteur crypto — encore non reconnus officiellement — ont traversé une année 2019 particulièrement difficile. D’un côté, ils subissaient la « stigmatisation » et l’atmosphère viciée par quelques brebis galeuses ; de l’autre, ils craignaient d’être bannis des grandes plateformes technologiques, perdant ainsi leur dernier rempart de visibilité.

La percée s’annonçait ardue.

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L’arrogance et les préjugés des géants

Alex Saunders n’était pas seul. Parmi les autres victimes de YouTube figuraient le vulgarisateur canadien du Bitcoin BTCSessions, l’analyste Sunny Decreate, le développeur Ivan on Tech, l’éducateur Omar Bham, ou encore Michael « Boxming » Gu, fondateur d’un média crypto. Tous partageaient un point commun : leurs contenus traitaient de cryptomonnaies.

La suppression de centaines de vidéos créa un choc dans la communauté. Ce qui scandalisa les créateurs, outre la disparition de leur travail, fut l’avertissement sévère de YouTube : publier à nouveau de tels contenus entraînerait la suspension définitive de leur compte. La plupart des vidéos, comme celles de Golden News, étaient classées « nuisibles ou dangereuses ».

Face à la controverse grandissante et aux débats sur Twitter, YouTube, sous la pression, finit par réagir : « Toutes les vidéos supprimées dans ce cadre l’ont été par erreur. Elles seront restaurées, et aucun compte ne sera sanctionné. »

Le 27 décembre, Alex Saunders annonça le rétablissement de ses 250 vidéos — mais aucun responsable YouTube ne l’avait contacté pour expliquer l’erreur. Si l’affaire se concluait par un faux départ, la crise de confiance, elle, était bien réelle.

YouTube, filiale à 100 % de Google, reflète en partie l’attitude de ce dernier envers la crypto. Vitalik Buterin, fondateur d’Ethereum, suggéra même que l’ombre de Google planait sur cet incident.

Le même jour, le portefeuille crypto MetaMask tweetait que Google l’avait retiré du Play Store pour Android, invoquant une violation de sa politique financière : « les applications ne doivent pas miner de cryptomonnaies sur les appareils ». L’équipe MetaMask fit immédiatement appel, mais Google rejeta la requête sans délai.

Dan Findlay, responsable des développeurs de MetaMask, déclara : « J’espère que les modérateurs de Google reconnaîtront leur erreur. Mais compte tenu des récentes interdictions de YouTube sur les contenus crypto, je suis profondément mécontent de la politique de Google. Si nous cédons face à ces abus de pouvoir monopolistiques, il sera très difficile de construire quelque chose de mieux. »

Retrait de MetaMask du Google Play Store

Ce n’était pas une première pour MetaMask. Dès le 25 juillet 2018, son extension navigateur avait été retirée du Chrome Web Store — avant d’y être rapidement réintégrée après vérification. MetaMask précisa qu’aucun email n’avait été envoyé et que la seule explication de Google fut : « suppression accidentelle ».

L’histoire se répète : derrière ces « erreurs » à répétition se cachent l’arrogance et les préjugés de Google.

Google n’est pas seul. Apple observe également le secteur avec méfiance. Le 9 août 2018, l’App Store supprima d’un coup plus de 20 000 applications — dont de nombreux portefeuilles crypto. Deux mois plus tôt, Apple avait durci ses règles concernant les portefeuilles, les échanges, le minage ou les ICO.

Ces restrictions sont particulièrement sévères sur l’App Store chinois : même une application conforme a peu de chances d’être approuvée. Les développeurs sont contraints de publier via des versions « Entreprise » ou « TestFlight », ce qui engendre des problèmes — signatures invalidées, plantages, expiration prématurée — et nuit à l’expérience utilisateur.

Le 28 décembre 2019, Brian Armstrong, PDG de Coinbase, annonça sur Reddit qu’Apple retirait progressivement la compatibilité des DApps (applications décentralisées) de son App Store. Pour « se conformer aux politiques », Coinbase Wallet supprimerait son navigateur DApp. De même, TokenPocket avait déjà retiré cette fonctionnalité de son application iOS plus tôt dans l’année.

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Le soutien visionnaire de Jack Dorsey

PDG de Twitter et passionné de longue date du Bitcoin, Jack Dorsey comprend mieux que quiconque les enjeux de la blockchain. À la tête d’une plateforme centralisée, il en connaît aussi les limites.

Le 11 décembre, Jack Dorsey publia une série de tweets annonçant le financement d’une petite équipe indépendante de cinq personnes — architectes open source, ingénieurs et designers — pour explorer la voie d’un standard social ouvert et décentralisé. L’objectif : que Twitter lui-même en bénéficie.

Dans ses tweets, il souligna les défis des réseaux sociaux : le modèle « centralisé » peine à lutter contre les abus et la désinformation sans alourdir la charge utilisateur ; les plateformes s’éloignent de leur fonction première — publier ou supprimer librement du contenu — au profit de systèmes de « recommandation » opaques ; les algorithmes favorisent les sujets controversés plutôt que les contenus constructifs. Enfin, il affirma que la blockchain offre une solution ouverte, durable et gouvernable — voire incitative via des jetons ���, et que le cadre général existe déjà.

Selon Jack Dorsey, il s’agit d’une refonte complète des réseaux sociaux, partant de zéro. Twitter ne cherche pas à contrôler le projet, mais à y participer activement — pour accéder à un échange d’informations plus large et orienter ses algorithmes vers des contenus positifs. Ce projet utopique fut baptisé « Bluesky ».

L’annonce suscita un vif débat, et de nombreux professionnels du numérique soutinrent la vision de Dorsey. Dans la crypto, Vitalik Buterin (Ethereum), Brendan Blumer (block.one), CZ (Binance), Sun Yuchen (TRON), Anthony Pompliano (Morgan Creek Capital) et Charles Hoskinson (Cardano) apportèrent leur soutien.

Anthony Pompliano qualifia le projet d’« initiative formidable », ajoutant que Dorsey avait la crédibilité nécessaire pour le mener à bien.

Brendan Blumer rappela que VOICE — une plateforme sociale décentralisée basée sur EOSIO — était en développement depuis longtemps, et espéra une coopération avec Bluesky pour accélérer son déploiement.

Brian Armstrong se dit « ravi » de voir Twitter investir dans des protocoles plutôt que des plateformes, soulignant leurs avantages en matière d’éthique, de bonnes pratiques et de réduction des barrières à l’entrée.

Le soutien dépassa le secteur crypto. L’équipe de Firefox exprima sa bienveillance, rappelant ses 15 ans d’investissement pour un Internet libre et ouvert. Neha Narula, du MIT, remit à Dorsey un rapport détaillé intitulé « Construire un réseau social décentralisé ». Tim Pastoor, fondateur de la startup 2way, compara l’initiative au financement par AT&T des laboratoires Bell en 1947 — à l’origine du transistor, de la LED et de la cellule solaire.

Derrière cet élan se cache une colère ancienne contre les abus de pouvoir des géants monopolistiques, et un désir urgent de changer le statu quo. Lorsque les droits et obligations sont déséquilibrés, partir et reconstruire devient une voie légitime — et nécessaire.

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La bataille de percée de la crypto

L’équipe Bluesky de Jack Dorsey s’apprête à décoller, mais l’exploration des réseaux sociaux décentralisés a commencé il y a des années.

Dès 2011, Bill Ottman créa Minds, un réseau social décentralisé open source conçu comme une alternative à Facebook. Cette ambition rejoint celle de Dorsey. Minds met l’accent sur la transparence, la vie privée et la liberté d’expression. Chaque utilisateur y contrôle ses données. Pour Ottman, les systèmes open source finiront par dominer le numérique — comme Wikipédia — et Minds pourrait devenir un refuge face à la surveillance des États.

Le réseau social décentralisé Steemit

Lancé en 2016, Steemit est sans doute le réseau social crypto le plus populaire. Contrairement à Minds, axé sur la liberté d’expression, Steemit est piloté par l’économie crypto. Sa devise, « Miao Bi Sheng Jin » (« La plume génère de l’or »), rappelle que les idées peuvent créer de la valeur.

Sur Steemit, les utilisateurs publient sans crainte de suppression. Un mécanisme interne de modération limite toutefois les contenus indésirables sur la page d’accueil. Si une majorité vote contre un contenu, la « réputation » de son auteur baisse. Publier continuellement du contenu médiocre peut mener à une « faillite de réputation » : l’auteur peut encore publier, mais plus personne ne le verra.

Au-delà du texte, DTube tente de construire une plateforme vidéo décentralisée sur blockchain. Comme Steemit, DTube utilise le système d’incitation de Steem, tandis que le stockage repose sur IPFS.

Comme ses pairs, DTube vise à créer un réseau de valeur résistant à la censure, transparent et sans autorisation. Les créateurs n’ont plus à craindre les suppressions arbitraires de YouTube et peuvent se concentrer sur leur art, libérés des contraintes des plateformes centralisées.

Les nouveaux projets ne manquent pas. Le 1er juin 2019, lors de la conférence « june1 » de block.one (maison-mère d’EOS), fut annoncé Voice, un produit social décentralisé. Outre les fonctionnalités classiques, Voice introduit le concept d’« UBI » (Revenu Universel de Base), permettant à chacun de s’exprimer librement sur la blockchain.

Si les plateformes décentralisées semblent matures, des problèmes persistent.

Sous l’incitation économique crypto, la motivation des auteurs n’est plus pure : plagiat, paraphrase et contenus redondants pullulent, tandis que les « votes artificiels » pénalisent les créateurs originaux. L’absence de modération robuste favorise les contenus pornographiques, violents ou publicitaires, obligeant les équipes à y consacrer d’importantes ressources. Enfin, comme ces réseaux reposent sur la blockchain, leurs premiers utilisateurs sont surtout des initiés — d’où une domination des sujets crypto sur les sciences humaines, l’art ou la vie quotidienne. Le seuil d’entrée élevé et le coût cognitif freinent la croissance du nombre d’utilisateurs, rendant les interactions sociales authentiques difficiles.

Quoi qu’il en soit, la vague du changement est lancée, et le progrès technologique élargit les choix. Reste à savoir si l’industrie crypto parviendra à briser les chaînes du monde traditionnel — une question qui ne trouvera réponse qu’à l’épreuve du temps et des défis.